Le pass en ligne, selon le président du SELL (foutage de gueule inside)

Le pass en ligne, selon le président du SELL (foutage de gueule inside)

Si le nouveau président du SELL (Syndicat des Éditeurs de Logiciels de Loisir), James Rebours (le précédent était Jean-Claude Larue), a raison lorsqu’il dit que les sondages de l’UFC sont tronqués (Un appel à témoignage recense généralement un grand nombre de mécontent(e)s par rapport à un panel représentatif, c’est statistique et totalement normal), il reste néanmoins plus insultant lorsque l’on parle des pass en ligne.

Insultant pour qui ? Pour le joueur. Si vous lisez cette interview très bien menée de la part de Gamekult, vous lirez clairement et à plusieurs reprises que James Rebours qualifie le Pass en ligne non pas comme un moyen de contrer le marché de l’occasion, mais plutôt de créer un lien entre le joueur et l’éditeur et de lutter contre le piratage. D’autre part, il précise que le mode multijoueur est demandé par le joueur et que c’est donc au détriment de développement des campagnes solo. Enfin, le président du SELL affirme que les DLC sont également demandés par le joueur puisque le mode solo est raccourci.

Reprenons donc ses positions selon les points sus-cités :

Le pass en ligne pour lutter contre le piratage et créer un lien joueur/éditeur

La comparaison que James Rebours fait est celle des jeux iOS. Ils sont effectivement non cessible/prêtables/revendables puisque liés à votre compte. C’est également le cas pour les jeux PSN et Xbox live. Mais faut-il rappeler à monsieur Rebours que le prix n’es pas le même ? De plus, l’avancée technologique faite dans le domaine des jeux portables est telle que la comparaison de développement est bientôt tenable.

Enfin, comment peut-il nous faire croire, à nous, joueur(euse)s, que ce n’est pas un moyen d’empêcher de revendre les jeux ? Car n’oublions pas que l’éditeur ne touche pas un centime sur la revente des jeux sur le marché de l’occasion et que c’est un manque à gagner non négligeable. Mais encore une fois, il n’est pas dit que les acheteurs d’occasion seraient des acheteurs de neuf. Et comment justifier, au pire, cette volonté de casser l’occasion pour des soucis de stabilités de serveurs multijoueurs ? le nombre de joueur ne change pas : si je vends mon jeu, je ne pourrais plus y jouer et un autre prendra ma place, le différentiel est donc nul. Rajoutons à cela les serveurs multijoueurs d’anciens jeux qui sont fermés rapidement fermés (2-3 ans par EA par exemple).

Le mode multijoueur rogne sur le mode solo

Sur ce point, c’est évident : des ressources doivent être allouées pour le développement d’un pan multijoueur d’un titre. Les développeurs doivent tenir le même budget généralement et doivent donc réduire le temps de développement du mode solo, donc, réduire ce mode, obligatoirement. Mais là encore, comment croire que les studios n’ont pas pu s’adapter à cette évolution ? Que les éditeurs n’y soient pas arrivés, c’est possible, comme c’est le cas pour les Major de la musique avec le MP3, mais les développeurs ? Eux qui baignent dans le milieu plus profondément encore que nous ? D’autant plus que des studios licencient régulièrement …

Non, il faut donc trouver un nouveau moyen de faire rentrer de l’argent dans les poches des éditeurs (et un peu des développeurs) grâce aux DLC et pass en ligne. C’est évident, et vouloir nous faire croire le contraire serait nous prendre pour des abrutis.

Les DLC sont demandés par les joueurs

Le président du SELL dit bien que les DLC seraient produits APRÈS la commercialisation du jeu. Bah voyons. Il stipule néanmoins que les éditeurs créent un lien entre le joueur et eux afin d’éviter qu’ils aillent voir la concurrence : enfin un éclair de lucidité : on nous prend donc pour des pigeons.

De plus, James Rebours affirme que si les éditeurs proposaient des titres saucissonnés vendus en kit, voire même des DLC abusifs, les joueurs iraient voir ailleurs : c’est faux. D’un part, le grand public (qui leur rapport un max de pognon) est trop peu impliqué dans ce loisir pour s’en rendre compte, et d’autre part, presque tous les éditeurs s’y mettent désormais. Et puis regardez la menace de Boycott de COD MW2 lorsque l’annonce du retrait des serveurs dédiées à été faite : résultat, les joueurs ont quand même craqués. Pareil pour Ubisoft et la vraie fin de Prince Of Persia vendue à part ? Pareil pour un ou deux chapitre complet d’Assassin’s Creed ? Et bien ça n’empêche pas l’éditeur de bien se porter et de continuer à presser le citron de ses licences.

Pour conclure, je dirais que le président du SELL pratique bel et bien la langue de bois et que, quitte à ne rien pouvoir dire puisque tenus par les intérêts financiers communs des éditeurs, autant ne rien dire du tout. En fait, les éditeurs seraient bien bêtes de ne pas profiter de la manne financière des DLC et des pass en ligne tant qu’il y aura assez de con(ne)s pour payer. J’étais passé sur PC après la Game Cube (et sans passer par la PS2) et j’ai redécouvert la console avec la Playstation 3 ; je pense qu’elle sera ma dernière console, au vu de la tournure de l’ambiance des jeux vidéo ces cinq dernières années.

2 comments

  1. Flo

    Quel bel article et joliment écrit en plus. 🙂
    Tu parles des jeux XBLA. Moi j’ai peur que ce genre de jeu, par la suite, ne concerne qu’un profil… T’imagines? 1 jeu XBLA mais 3 comptes sur la Xbox… et ben, il faudra payer le jeu 3 fois. Je vois bien ce procédé arriver bientôt. :S

  2. Pour ma part je n’achète jamais de DLC, je trouve ça honteux et ne parlons même pas des online pass. Mais le pire c’est quand même Assassin. Le dernier est une sombre blague. Un DLC à 70e. Le jeu n’est ni plus ni moins qu’une chasse au trésor dans une nouvelle ville mais qui reprend de nombreux éléments des villes. des précédents épisodes. Avec toute leur magouilles, le piratage pourrait bien reprendre de plus en plus d’ampleur et leur faire très très mal. A faire de prendre les gens pour des cons, les choses peuvent très mal finir.

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