Test – L.A. Noire (PS3)

Test - L.A. Noire (PS3)

La Team Bondi, studio australien, est à la manœuvre pour son premier titre sur PS3 et Xbox 360. Édité par Rockstar, on sent bien que ces derniers ont considérablement influencé la direction artistique du jeu. Retour dans les années 50, avec Cole Phelps pour enquêter sur une sombre histoire de meurtres se ressemblant étrangement tous.

Les années 50, comme si vous n’y étiez pas

La Team Bondi signe ici son premier jeu. Précedemment, Brendan McNamara était le directeur du développement des jeux de la Team Soho, studio de Sony ayant développé sur PS2 des jeux comme EyeToy, EyePet ou encore The Gateway. Ce dernier titre ayant reçu un avis mitigé tant sa réalisation pour l’époque était bonne mais avec une jouabilité exécrable. Autant dire, donc, que le nouveau studio doit faire ses preuves.

L.A. Noire s’est immédiatement démarqué de ses concurrents, lors des premières vidéos, grâce à une technologie permettant un rendu des visages hyper réaliste : le Motion Scan. Le résultat est bluffant, il n’y a rien à dire : chaque expression est très visible et le jeu s’articule d’ailleurs autour de cela : lorsque vous devrez mener à bien des interrogatoires, le comportement de vos suspects sera à décrypter afin d’inculper les bonnes personnes. Et la chose est loin d’être facile dans certains cas, non pas que ce soit mal fait, mais parce qu’il vous faudra également collecter les indices sur les scènes de crimes et utiliser les bons lorsque vous soupçonnerez quelqu’un de mentir, sinon, c’est rapé.

Passé ce « détail » des visage, qui est loin d’en être un, le jeu n’est clairement pas un foudre de guerre ; les textures sont plutôt aléatoires : parfois jolies, parfois maussades mais les modélisations des véhicules sont plutôt réussies contrairement au reste qui lui encore est inégal. En effet, les personnages ne sont pas les plus beaux qui ont été vus, mais la ville non plus ! Alors oui, nous sommes sur quelque chose de bien plus beau qu’un GTA4 mais loin derrière Mafia 2 !

Justement, je vais comparer L.A. Noire à Mafia 2. Hérésie me direz-vous ? Non car je vais comparer un point bien précis : l’ambiance. Les deux titres s’articulent autour de la même période post-guerre : le début des années 50. Et là, L.A. Noire passe complètement à côté de la plaque. Le titre de 2K Games possédait une ambiance qui faisait véritablement sa force et faisait oublier le manque de choses à faire dans la ville, mais pour celui de Rockstar ce n’est pas le cas. Le jeu est, non seulement, carrément trop sombre visuellement (je ne parle pas d’un assombrissement volontaire mais d’une piètre qualité graphique) empêchant toute immersion dans les années 50, mais en plus, les rues semblent monotones et peu vivantes (toujours comparé à Mafia 2). La seule chose qui sauve le jeu sur ce point est une bande-son excelentissime !

L’incorruptible

Passé cet ennuyeux ratage de l’ambiance graphique et environnemental (oui, j’y vais fort je sais), place au jeu en lui-même. Cole Phelps va devoir, en commençant par être un simple officier, résoudre 21 enquêtes afin de grimper les échelons de la police. Il va vite déchanter quand il se rendra compte que beaucoup d’entre elles semblent liées et, surtout, semble remonter très haut dans la hiérarchie politique. Vous devrez faire la même chose à chaque scène de crime : trouver des indices, interroger les personnes sur places (s’il y en a), interroger les suspects potentiels et enfin faire les bons choix pour accuser les bonnes personnes grâce aux bons indices et au bon moment. La chose n’est pas facile et a le mérite d’être originale bien que répétitive. Jamais je n’ai eu l’occasion de jouer à un tel titre et ce genre de progression est une bouffée d’oxygène dans l’univers du jeu vidéo actuellement. Un grand bravo donc, à la Team Bondi d’avoir osé.

Là où c’est un peu moins sympathique, c’est sur les deux points suivants. D’abord, si vous ne résolvez pas correctement les énigmes, vous aurez une sensation d’inachevé et surtout, vous trouverez lesdites enquêtes inintéressantes. Cela dit, ce sera une bonne excuse pour les refaire dans la partie « affaires » du menu. Ensuite, à mon goût, seules les enquêtes à partir de la brigade des mœurs sont captivantes, prenantes et intéressantes. Dommage, mais elles valent le détour ! Il faut également noter que, parfois, le jeu vous bride volontairement : il est quelquefois aisé de savoir qui à commis le crime, mais vous serez amené à inculper des innocents afin de laisser la trame principale du scénario se dérouler comme prévue par les développeurs. Encore dommage.

Je peux demander le super mointe-mointe ?

Certaines enquêtes ne sont pas forcément évidentes mais heureusement, des points d’intuitions déblocables au gré des niveau d’expérience permettent de supprimer une mauvaise réponse avant de choisir quoi dire. Il est également possible de demander à la communauté en ligne, quelle réponse est le plus souvent donnée, grâce à un pourcentage. On est donc très proche d’un « qui veut gagner des millions » avec deux jokers possible : le 50-50 et le coup de téléphone à un ami. C’est assez sympathique, si vous séchez à un moment.

Pendant les enquêtes, vous pourrez demander un petit conseil à votre coéquipier si vous ne savez plus quoi faire. Il vous donnera des indications comme par exemple celle de continuer à fouiller ou alors d’aller voir untel ou untel afin d’enquêter un peu plus en profondeur.

Le mot de la faim

Que dire de plus de ce titre ? Original avec un gros potentiel mais pourtant gâché par une réalisation plus que moyenne et une ambiance totalement ratée. Je reste donc sur ma faim (oh oh) et j’attend de voir une éventuelle suite qui semble être probable au vu de la fin du jeu, mais en espérant vraiment que l’ambiance soit plus que retravaillée tout comme la maniabilité parfois pénible. Cela dit, étant un jeu complètement original, L.A Noire est carrément à faire ! La musique est vraiment réussie, la deuxième moitié du jeu est prenante et le côté esthétique ne fait pas forcément tout. De plus, vous vous surprendrez à vouloir absolument trouver les bonnes réponses afin d’obtenir un meilleur score. D’autre part, la ville n’est pas complètement morte et des missions de « délits » persèment la ville, auxquelles vous répondrez lorsque vous serez en patrouille, et qui vous permettront de gagner de l’expérience.

Dernière chose avant de conclure, la durée de vie du jeu est plus qu’honnête ! Les 21 missions ne sont pas vraiment courtes et il m’a fallu 15h49minutes de jeu afin de terminer le fil directeur de l’histoire. En n’ayant pas fait du coup les arrestations des délits, il m’aurait fallu, je pense, 5-6 heures de plus pour tout compléter.

Le manque d’ambiance et une qualité graphique passable empêchent le premier titre de la Team Bondi de se hisser parmi les très bons jeux de mon blog. Là où Mafia 2 à réussi un coup de maître à nous plonger dans les années 50, L.A. Noire ne parviendra jamais à nous donner la même immersion. Malgré des visages criants de réalisme, le reste de la réalisation est plus que moyen et n’est pas à l’image de ce que l’on pouvait attendre. Pourtant, original et doté d’une excellente bande-son, le titre de Rockstar apporte une vraie fraîcheur dans le milieu du jeu vidéo. Non pas que les jeu d’enquêtes n’existent pas, mais parce que l’orchestration du titre est rondement menée, malgré des débuts parfois fades.

#3 - Bon (cliquez pour avoir des informations sur l'échelle de notation)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6 comments

  1. Inspecteur Harry

    « Il est passionnant comme un
    épisode de Derrick, ce jeu ».
    Que GTA 5 nous débarrasse de
    ce jeu pénible…vite 😉

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